Urbanisme
Toute architecture est limitée.
Des vides dans nos villes.
Pour espérer durer, une ville doit évoluer. Pour évoluer, il faut du temps et de l’espace. Et évoluer ne veut pas dire s’étendre.
La projection dans le temps et dans l’espace qu’est l’étude urbanistique ou architecturale doit s'arrêter et ne pas prévoir quelle sera l’évolution possible d’une ville. Elle doit rester humble et se limiter pour espérer durer. C’est aux futurs usagers de décider de leurs futurs besoins.
Il faut donc qu’elle prévoit des vides. Des vides à remplir plus tard. Sans fonctions. Il faut prévoir des vides quand on projette mais également après. Car sinon les vides sont remplis et l’on n'évolue plus. Il faut donc démolir parfois. Nous avons la possibilité de conserver des traces autrement.
En analysant les plans d’aménagement urbain de la ville de Tunis, ou d’autres villes Tunisiennes, nous sommes très vite déçus. Déçus de voir qu’on a à faire à un phénomène décrit il y a 75 ans par Le Corbusier : l’illusion des plans. Ceux qui y réfléchissent, qui décident et ceux qui les dessinent font précisément des dessins au sens non noble du terme. Tracent des axes, font des rond-points, des losanges parfois, réfléchissent en deux dimensions, platement donc. Se disent sûrement que si un plan d'aménagement est symétrique par endroits, il doit sûrement être bien.
Il semblerait que tout l’urbanisme des nouveaux quartiers de la ville de Tunis soit uniquement dicté par des raisons sécuritaires: limiter les accès pour mieux les contrôler. C’est même flagrant. Prenons l'exemple des quartiers des Berges du Lac ou du CUN qui sont pourtant de grands quartiers, drainant beaucoup d’usagers au quotidiens mais qui n’ont chacun que très peu de réelles connexions avec le reste du tissu urbain de la ville. Comment expliquer, dans le cas du premier quartier qui ne présente que 3 accès, que d’autres considérations autres que sécuritaires (dans un sens très limité des anciens et du nouveau régimes) aient pû favoriser de tels choix.